décembre 21, 2012

† La dernière lettre, d'une jeune fille de la campagne †

Au revoir, étoiles adorées. Au revoir, charmantes roses.
Peut être un jour nous reverrons nous.
Je regrette juste ne pas avoir assez apprécié votre beauté, pendant qu'il en était encore temps...

Au fond de moi, en franchissant la porte de la maison il y a quelques mois avec ma valise en main, il y avait cette voix qui m'avait dit: « c'est peut être la dernière fois que tu verras cette maison »
Mais aveuglée par mon désir de solitude, je ne pas voulu y croire et j'ai continué de marcher sans me retourner.
Presque tout mes souvenirs d'enfance, étaient dans cette maison.

Je ne reverrais plus la mer.
Je pourrais plus laisser le sable filer entre mes doigts, respirer l'air marin et me promener le long des plages aux côtés des vagues.
Je ne reverrais plus les étoiles ni l'éclat de la lune.
Je ne sentirais plus l'air pur de l'aube et admirer un lever de soleil
les perles de la rosée, les oiseaux qui commençaient à peine à gazouiller.
Je ne verrais plus l'horizon lointain qui me prouvait que le monde était infini.
Le silence nocturne.
Ces après midi pieds nus sur l'herbe à lever la tête vers le ciel azur
ou à prendre le goûter sur la terrasse entourée de roses.
Adieu...

Je suis une fille de la campagne.
Même si vivre en ville représente de nombreux avantages, elle finit toujours par me rendre malade et j'ai besoin parfois de retourner à la campagne, car c'est au milieu de la nature que j'ai passé la plus grande partie de ma vie jusqu'à aujourd'hui.

Le chant des oiseaux,
les après midi à cueillir les fraises et les mûres du jardin.
Ces automnes à guetter la tombée des premières noix et noisettes et regarder les écureuils faire leurs réserves pour l'hiver et d'autres animaux se promener à travers ce vaste espace.

Les ballades en forêt ou près du lac...
Ces longues promenades à vélo où il n'y avait personne et que tout paraissait si paisible...
Quand je pense qu'il m'arrivait de penser que vivre ici était une punition alors que c'était un privilège ;
Et aujourd'hui je me rend compte à quel point cet endroit était un lieu de paix, coupé de toute nuisance humaine.

Je suis malade de voir ces allées goudronnées,
L'air devient irrespirable, voir tout ces humains grouiller et s’agglutiner dans ces espaces grisâtres.
Les entendre parler et le son des voitures me donnent mal à la tête,
et encore une fois me voilà comme une idiote à pleurer et regretter d'être aussi faible face au passé.

La seule chose qu'il me restera, ce seront des souvenirs...
Encore et toujours, 
juste des souvenirs...

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