septembre 18, 2014

† Phantom of the Opera @ Her Majesty's Theatre, London †













« In sleep he sang to me
In dreams he came
That voice which calls to me and speaks my name
And do I dream again for now I find
The Phantom of the Opera is there
Inside my mind »



Je n'aurais jamais imaginé que je serais allée voir une comédie musicale à Londres et encore moins que cette pièce serait The Phantom of the Opera de Broadway !

( Vous pouvez voir les quelques photos de l'entrée du théâtre dans l'article de ma seconde journée à Londres!)

En arrivant à Londres j'ignorais que cette pièce était à l'affiche d'un théâtre, c'était pendant que sortions du métro que j'ai remarqué par hasard une petite affiche pour cette comédie musicale. Intéressée je me suis renseignée sur les dates de représentation et il se trouvait que la pièce avait commencé a être joué il n'y a que deux jours seulement ! Une fois rentrée le soir à l’hôtel, je suis immédiatement allée voir si des places étaient toujours disponibles pour une des deux représentations du lendemain et j'ai réussi à mettre la main sur l'une d'entre elles ! 


Comme j'avais réservé de la veille pour le lendemain forcément toutes les bonnes places étaient parties et il ne me restait que deux places en « restricted view » dans l'orchestre et le premier balcon ou quelques autres places dans les deux autres balcons. Quitte à avoir un poteau pour me gâcher la vue et être tout au fond de la salle dans les deux cas j'ai choisi une place au premier balcon afin d'avoir un angle général plus aérien. Le poteau ne fut pas aussi gênant que je ne le craignais car les comédiens se plaçaient toujours de manière à ce qu'on puisse les voir correctement, ce fut plus le plafond bas du balcon qui était pénalisant car plusieurs fois nous devions nous baisser pour pouvoir voir ce qu'il se passait. 
  
Dès le prologue, la musique et l'atmosphère de la scène inspire le mystère et l'austérité avec cette vente aux enchères dans l'Opéra. Vient le moment où le chandelier est mis en vente:

« Some of you may recall the strange affair of the Phantom of the Opera : a mystery never fully explained. We are told, ladies and gentlement, that this is the very chandelier which figures in the famous disaster. Our workshops have repaired it and wired parts of it for the new electric light. Perhaps we can frighten away the ghost of so many years ago with a little illumination, gentleman ? »

Puis brutalement l'orgue tonne à travers tout le théâtre tandis que le lustre gigantesque s'allume, se soulève et passe lentement devant le public. L'impression qu'on en ressent est indescriptible, c'était époustouflant. Je suis restée scotchée sur mon fauteuil durant toute l'ouverture, fascinée par ce chandelier qui passait devant nous et cette musique.

Vient « Hannibal » où l'on a aperçu de tout les personnages de la pièce. J'ai trouvé que tout le monde avait très bien joué, les ballerines étaient adorables et André et Firmin sont arrivés à nous faire rire même dans des moments dramatiques, ce qui pouvait relâcher un peu la tension et le sérieux qu'on pouvait ressentir tout au long de la pièce
Autrement « Think of me » m'a donné les larmes aux yeux. C'était magnifique, juste magnifique. J'ajoute les paroles parce qu'il le faut :
 
« Think of me, think of me fondly
When we've said goodbye
Remember me once in a while
Please promise me, you'll try

When you find that once again you long
To take your heart back and be free
If you ever find a moment
Spare a thought for me

We never said our love was evergreen
Or as unchanging as the sea
But if you can still remember
Stop and think of me

Think of all the things
We've shared and seen
Don't think about the way
Things might have been

Think of me, think of me waking
Silent and resigned
Imagine me trying too hard
To put you from my mind

Recall those days, look back on all those times
Think of those things we'll never do
There will never be a day
When I won't think of you

We never said our love was evergreen
Or as unchanging as the sea
But please promise me that sometimes
 

You will think of me »

A vrai dire j'ai souvent eu les larmes aux yeux durant cette pièce, si j'avais pu j'aurais fondu en larmes plusieurs fois.


Le seul bémol de la pièce était durant « The Phantom of the Opera » car la musique était beaucoup trop forte et on avait beaucoup de mal à entendre Christine chanter et le Phatom lui répéter «Sing my angel, sing for me ! ». On sentait que les comédiens faisaient de leur mieux pour se faire entendre et j'avais mal pour leur voix. Je pense qu'il aurait été mieux de mettre en valeur le chant de Christine et peut être faire résonner la voix du Phantom à travers le théâtre comme ce qui est arrivé dans d'autres scènes plutôt que de les laisser se débrouiller seuls face cette musique assourdissante.

Cependant toute cette scène était encore une fois impressionnante. Voir le fantôme attirer Christine dans le lac souterrain de l'opéra et voir cette barque flotter au milieu des fumigènes, bougies et chandeliers était plus qu’envoûtant. 
 
Ce que j'ai aimé aussi c'est la voix du Phantom qui résonnait à travers les couloirs du théâtre plusieurs fois durant la pièce ce qui faisait qu'on avait l'impression qu'il pouvait apparaître derrière nous à tout moment ! (j'avoue qu'il m'est arrivé de me retourner plus d'une fois pour vérifier s'il n'allait pas apparaître d'un coup tellement sa voix semblait proche de nous...)

Durant  A Performance of Il Muto , la partie qui m'a le plus impressionnée était durant le ballet. Le décor et les costumes de style champêtre étaient charmants comme tout mais voir l'ombre du Fantôme par bribes derrière le décor en train de tuer et pendre le machiniste était fascinant. Quand le décor s'est séparé pour montrer le pendu en causant la panique générale et que André débarque, nous demandant de rester assis en répétant que tout ceci n'était qu'un accident, je n'ai pas pu m'empêcher de sentir un certain effroi. C'était comme si nous étions véritablement impliqués dans cette scène et tout avait l'air si réel que s'en était incroyable. 
 
Enfin  The Roof of the Opera House , aveux touchants entre Christine et Raoul mais aussi le Fantôme qui débarque suspendu au milieu du public dans ce qui semblait représenter un bout de balcon de l'Opéra, chantant et souffrant désespérément de son amour pour Christine.

Enfin nous retrouvons Christine en remplaçante de Carlotta à la fin de sa représentation et la fin du premier acte s'achève par la souffrance du Fantôme qui s'exprime et la chute impressionnante du chandelier sur scène passant encore une fois sous nos yeux.

Le second acte débute avec The Staircase of the Opera House, New Year’s Eve  avec le fameux morceau « Masquerade ». Sur le grand escalier plusieurs marionnettes étaient déjà présentes (au départ j'ai cru que c'était de vraies personnes...) et le bal a commencé. L'arrivée du Fantôme, avec la musique qui la caractérise tant, était tout aussi impressionnante que son départ. En effet j'applaudis le tour de magie avec lequel il a réussi à disparaître en quelques secondes juste en jetant une petite bombe à fumigènes ! La pièce en elle même comporte plusieurs petits passages avec des effets spéciaux de ce type notamment pendant A Rehearsal for Don Juan Truimphant et A Graveyard in Perros.

Durant A Graveyard in Perros  d'ailleurs on ressentait bien la difficulté et la confusion de Christine entre l'influence du Fantôme et l'amour qu'elle éprouve pour Raoul. Les passages musicaux de Christine, quand elle se confesse, étaient encore une fois très beaux et émouvants. 
 
«Past the point of no return » est un moment triste et sensuel qui fascine et qui à chaque fois me fait pleurer.

« Say you'll share with me one love, one lifetime
Lead me, save me from my solitude
Say you'll want me with you here beside you
Anywhere you go let me go too, Christine that's all I ask of »

 Comment ne pas avoir envie de fondre en larmes en écoutant ça ?

Je me suis toujours plus identifiée au Phantom qu'à Christine. La rage, la solitude et la passion conduit au désespoir et cet homme en est l'incarnation.

Personnellement j'ai toujours un peu envié ces femmes limpides qui inspirent la stabilité. Il y a quelque chose de calme, de mature en elles. Seulement il y a cette part de moi qui ne veut pas enterrer définitivement ces sentiments dangereux, car il est peut être encore trop tôt ou peut être que ce côté Phantom fait malgré tout partie de moi.  

 Digression à part et finalement Beyond the Lake est le dernier affrontement entre Christine, le Fantôme et Raoul. La tension ressenti à ce moment là est palpable même si nous connaissons d'avance l'issue de cette histoire. La chose qui m'a le plus touché fut lorsque le Fantôme s'est assis sur son fauteuil et s'est recouvert d'un drap pourpre. Lorsque Giry débarque et enlève le drap, encore une fois comme par magie, il n'y a plus rien de lui sauf son masque. C'est au moment ou le spot est braqué sur Giry qui prend le masque entre ses mains et le montre au public que beaucoup d'émotions se sont mélangées dans mon esprit: Il voulait juste être aimé une fois et maintenant que son vœu a été exaucé il ne reste plus rien de lui à part ce masque... 
Qu'es ce qu'on ressent exactement à la fin de ce spectacle ? Je pense que chacun vit une pièce comme celle-ci avec sa propre empathie et son propre vécu. Pour ma part, j'en ait été ému et secouée même les jours qui ont suivi ma visite dans ce théâtre. 
 
Le trailer de la pièce.

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